La Marionnettiste
Pays du Soleil Levant… Tsuya est une jeune japonaise.. Elle a vu le jour dans un petit village, au Nord de Tokyo, dans les montagnes…
A l’âge de 7 ans, elle s’est découverte une passion. Les marionnettes. Son père, agriculteur dans une riziculture, ne voyait pas cet engouement d’un bon œil. Pour lui, ce n’était que perte de temps. Mais sa mère, Yuki, aimait l’Art plus que tout. Lorsqu’elle découvrit que sa fille s’était prise d’attachement pour les pantins, elle décida de la confier à un maître dans cette discipline.
Maître Masuku vivait à quelques kilomètres de la demeure de Tsuya. Lorsqu’elle le vit pour la première fois, elle fut plus que surprise… Celui-ci c’était présenté à elle et sa mère, le visage caché sous un masque. On disait de lui, qu’il avait des dons obscurs et qu’il avait fait un pacte avec un akuma (démon ), pour qu’il lui offre la maîtrise incontestable des marionnettes. Il s’était produit dans de nombreuses réceptions, invité par les plus grands dirigeants du Japon. Il apparaissait toujours avec un masque. Personne n’avait jamais vu son visage. Des rumeurs courraient sur lui… On disait qu’il ressemblait à un monstre, le visage défiguré par le temps et qu’il vivait depuis plus de milles ans.
Masuku accepta de prendre Tsuya sous son aile, contre une modique somme d’argent. Sa mère avait demandé à voir sa fille une fois par semaine. Ce que le maître lui refusa, déclarant que pour un bon apprentissage, il fallait qu’elle coupe tout lien avec sa famille. La mère de Tsuya accepta malgré elle.
La première année, Tsuya eu beaucoup de mal à s’habituer aux exigences de son maître. Son éducation était des plus rudes. Levée à l’aurore, Tsuya commençait sa formation en allant chercher de l’eau au puis, situé dans le village en contre-bas. Deux heures de marche aller-retour. Masuku la suivait toujours, regardant ses faits et gestes, sans pour autant parler. Il l’observait simplement. Il finit par lui demander un jour si elle avait une langue. Tsuya, étonnée, répondit que, oui, elle en avait une… Le maître lui dit alors qu’elle devait oublier qu’elle en avait une, car dans leur discipline, le silence est roi.
Un an passa, sans qu’ils n’échangèrent d’autres mots. Le maître lui avait confié une vieille marionnette sur laquelle Tsuya passait son temps à s’entraîner… Un jour d’automne, Masuku entra dans la pièce qui servait de chambre à Tsuya. Il vient s’asseoir en face d’elle. Ils restèrent un long moment à se regarder avant qu’il ne prononce le mot « Joue… ». Tsuya, sans attendre, prit sa marionnette et commença à la faire bouger. Elle était concentrée sur ce petit être, fait de tissus et d’os, qu’elle faisait mouvoir à l’aide d’une croix en bois. Le Maître, les yeux brillants, fixait sa novice. Elle avait évolué, elle était douée, il l’avait senti… Tsuya joua pendant deux jours, s’en s’arrêter. Au bout du troisième, elle s’effondra, privée depuis trop de temps de nourriture, d’eau et de repos…
Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle sentit quelque chose sur son visage. Portant ses mains à sa figure, elle palpa du bout des doigts, un masque. Quant elle voulu le retirer, son maître lui saisit le bras.
- « Non Tsuya… Tu ne dois pas le retirer. Il est toi tu es lui… San’shi… »
San’shi… Fil de soie… C’était ainsi que son maître l’avait baptisée. Désormais, Tsuya faisait partie du passé… San’shi était le présent. Se dirigeant vers une glace San’shi voulait voir à quel personnage le masque correspondait… À sa grande surprise, Masuku lui avait offert le masque de la Yukionna, la déesse de la neige. D’un blanc nacre, le masque était fin. Il avait juste une pointe de rouge sur les lèvres, les trous pour les yeux effilés, marqués d’un large trait noir. Deux petits points noirs en dessous des yeux.
A partir de ce moment, la formation de San’shi s’accéléra. Elle était alors âgée de vingt ans. Elle fit de nombreuses représentations avec son maître. De petites apparitions furtives, elle finit par avoir son propre personne que Masuku inclua dans son spectacle. Koori. C’était une marionnette féminine, habillée d’un kimono de couleur bleu. Son teint était aussi blanc que celui des plus belles geisha. Dans le jeu du Maître, elle était celle qui lui faisait perdre la tête, trop belle pour être qu’elle lui appartienne, trop cruelle pour qu’elle ne le fasse pas mourir…
Un soir, lorsqu’ils fêtaient dignement leur succès de le dernier spectacle, San’shi demanda à son maître de retirer son masque. Elle voulait voir, elle voulait savoir. Masuku baissa alors la tête, et à la grande surprise de Shan’shi, il ôta son masque. Il avait un visage fin… Jeune.. Les cheveux longs et noirs… Il était beau. Sahn’shi ne savait plus où se mettre. Elle était plus que gênée. Comment pouvait-elle savoir que son maître était si jeune ? Alors Masuku s’approcha de San’shi et la débarrassa de son masque.
- « Tu n’aurais pas du me demander cela Shan’shi… »
- « Pourquoi Maître ? »
- « Car il m’a dit que si un jour, mon apprenti me le demander, j’étais obligé de lui montrer… »
- « Je ne vois pas où est le problème Maître… »
- « Tu vas le voir Shan’Shi… Tu vas le voir… »
Alors Masuku pris Shan’shi dans ses bras, et sans lui laisser le temps de réagir, mordit son cou. La violence fut telle, que la jeune fille ne pu s’empêcher de crier. Alors il la vida presque de son sang, ce liquide si chaud, si bon, et lui offrit le Don Obscur..
Shan’shi était une vampire, tout comme Masuku… Elle s’avait maintenant son secret, elle en a payé le prix…
Masuku lui laissa le temps de s’habituer à sa nouvelle nature… Puis lui montra enfin, ce pourquoi on l’avait appelé « Le Maître Des Marionnettes »…
Dernière mise à jour de cette page le 06/05/2005